J'ai beaucoup dessiné pendant mon voyage en Suisse, et ailleurs également. Pourtant, devant le paysage, notamment durant les premiers jours, le dessin ne s'imposait pas naturellement. La couleur prenait toute la place.
L'aquarelle invite facilement à l'exubérance. Elle offre des effets immédiats, séduisants, mais dont il faut souvent se méfier. La subtilité exige davantage de retenue et d'attention.
J'avais perdu certaines résolutions, notamment dans le traitement des fonds. La tentation des contrastes était forte, tant la lumière était éclatante et le soleil présent.
Face au paysage, l'aquarelle devient pour moi un exercice contemplatif, presque méditatif. Les principes que je m'étais fixés s'estompent peu à peu, remplacés par le dialogue entre le motif, la couleur et l'instant. Avec parfois de belles réussites, parfois seulement des résultats plus modestes, mais toujours sincères.