Pour aborder ces aquarelles, j’ai besoin de m’appuyer sur un dessin solide. Pour cela, je pratique régulièrement la copie, en particulier les portraits des grands peintres classiques. Je reviens souvent vers Sargent et les dessinateurs de la fin du XIXe siècle, dont la justesse et la construction restent pour moi une référence essentielle.
Sur place, il m’arrive de dessiner. Dans ces moments, le dessin peut rapidement s’éloigner du réel : les formes s’assouplissent, une certaine liberté s’installe, et je cherche parfois un équilibre plus romantique. Ces recherches peuvent ensuite nourrir mes aquarelles. Mais ces situations restent rares.
Le plus souvent, je préfère travailler directement à l’aquarelle, sans dessin préalable. Cette approche plus immédiate correspond davantage à ma manière de saisir le motif.
Je ne pratique l’aquarelle que durant mes voyages. Le reste de l’année est consacré à la peinture à l’huile. Cette alternance implique une forme de rupture : après parfois plusieurs mois sans aquarelle, je me retrouve face au motif avec une certaine fragilité. Le doute s’installe, avec la sensation de ne plus être tout à fait au niveau.
Mais c’est aussi dans cette incertitude que le travail commence.