Séjour en février 2026, à Giardini Naxos, au pied de Taormina.
La qualité du papier d’aquarelle conditionne directement le résultat. Ici, j’utilise un papier plus absorbant, presque buvard, qui ne permet pas les reprises. Contrairement à mes peintures à l’huile, réalisées à partir d'aquarelles offrant plus de possibilités de couches différentes, ce medium impose une exécution immédiate.
Je dois aller directement au résultat.
Pas de dessin préliminaire : les coups de pinceau construisent l’image en direct. Cette contrainte engage une forme de risque, avec toujours la possibilité de se tromper dès les premiers instants.
Faut-il alors s’arrêter lorsqu’une aquarelle semble mal engagée ?
Cette pensée est déjà une erreur. Elle introduit un jugement prématuré. Le travail ici n’est pas de produire une “belle” image, mais de libérer un état, une attention, une énergie dans l’instant.
Cette exigence est difficile. La société pousse à produire, à obtenir un résultat, à créer des œuvres en vue d’un regard extérieur. Or, l’acte de peindre, dans ces carnets, se situe ailleurs : dans l’expérience, dans le moment vécu, dans une forme d’aventure intérieure.
Le résultat final devient secondaire. Il sert à observer les limites de mon approche, à interroger mes choix, et à orienter le chemin à venir — non à répondre à une attente extérieure.