Deux papiers, deux écritures.
Le carnet de voyage, léger et réactif, accueille l'aquarelle avec spontanéité. L'eau y disparaît rapidement, les couches restent limitées et chaque geste conserve la fraîcheur de l'instant.
Le papier d'Amalfi, au contraire, invite à la lenteur. Son grain, sa capacité à retenir l'eau et à recevoir plusieurs lavis ouvrent un champ plus vaste à l'exploration de la lumière. Travailler sur ce support fut pour moi une redécouverte des possibilités les plus subtiles de l'aquarelle.
Dans l'ensemble de ces œuvres, la lumière est le véritable sujet. Les montagnes s'éloignent dans des teintes plus douces, les ombres sculptent les reliefs et l'espace se construit par la couleur davantage que par le dessin. L'aquarelle ne cherche pas à tout montrer. Elle suggère, elle évoque, elle laisse une place à la mémoire et à l'émotion du regardeur.